La Compagnie Béjart vous attend au Palais des Sports à Paris le 14 juin 2009 à 16 h 30

L'ultime création du chorégraphe disparu le 22 novembre 2007 et intitulée «Le tour du monde en 80 minutes » sera en tournée dans toute la France à partir du 3 octobre pour s'installer ensuite au Palais des Sports de Paris du 9 au 14 juin 2009.
Tarif : 25 € la place à retirer dans les antennes ou au siège du CER
Un demi-siècle de création, un succès mondial et jusqu'à son ultime pas de danse intitulé « Le tour du monde en 80 jours », la même envie de donner qu'à ses débuts en 1955 avec « Symphonie pour un homme seul ». Déjà, le chorégraphe sortait des sentiers battus et annonçait une (r)évolution pour ne pas dire ce qui sera défini comme étant une rupture radicale avec l'univers du ballet traditionnel. Maurice Béjart a été estampillé des insignes de la modernité, de l'audace et de la générosité et cette marque de fabrique artisanale et personnelle est reconnue dans le monde entier. Il a été l'homme qui a libéré la danse de son carcan « tutu blanc-ballerines », celui qui a porté la danse dans des lieux populaires (stades, salles de cinéma…), celui qui a permis à un autre public d'avoir accès à une danse nouvelle et surtout celui qui, durant des décennies, a transmis à de jeunes danseurs le don de soi pour se donner à une œuvre (l'école Rudra, le Béjart Ballet Lausanne et la Compagnie M installés en Suisse). Devant l'Eternel, cet homme, né à Marseille, mais qui n'a jamais reçu aucune aide des gouvernements successifs français, aimait redire ce qu'il disait toujours de lui : « Je suis un homme heureux ! » Disparu le 22 novembre 2007, Maurice Béjart qui avait choisi comme pseudonyme, en hommage à Molière, le patronyme de l'épouse de celui-ci, Armande Béjart, a laissé, à 80 ans, une ultime création avec son « tour du monde en 80 minutes ». Il avait eu le temps, lors des premières répétitions en septembre 2007, d'en régler les premiers pas avec Gil Roman, l'un de ses talentueux danseurs qui était devenu co-directeur de la Compagnie Béjart en 1993 avant de prendre plus récemment la direction du Béjart Ballet Lausanne.
Ce tour du monde traverse les pays et les cultures qui ont influencé Maurice Béjart dans ses pièces et que lui-même a traversés : le Sénégal, la Grèce, l'Egypte, l'Italie, l'Inde, la Chine, les Etats-Unis, le Brésil, etc. Le chorégraphe avait fait de ce monde sans frontières son lieu d'inspiration. Théodoralis, Wagner, Tchaïkovsky, Youssou N'Dour, Duke Ellington, Oum Kalsoum, Hughes Le Bars, et d'autres compositeurs et musiciens rendent ce voyage multicolore et multisonore imprégné aussi de musiques traditionnelles.
Comme un album-photo, sur scène, les pages de l'histoire d'une vie de ce maître-danseur-voyageur se tournent avec volupté et portent en elles l'émotion d'être l'ultime création de ce génial artiste qui, à la question de savoir ce qui le faisait courir, répondait simplement et avec beaucoup d'amour dans la voix : « les êtres ! ».
Sophie Pajot